Liberté, Ébriété, Fraternités

«Hi! I’m Jason, what’s your name?… Ambr… Ambrose? Nice to meet you, Ambrose. What are you majoring in? … Awesome. Where are you from, Ambrose? … France? Awesome! Where in France? … Oh, I’ve been to Paris once! Montmartre, the Eiffel Tower… Are you having a good time tonight? … Awesome. Well, I gotta meet other people now. Thank you… what’s your name again? … Thank you for coming Ambrose, it was nice to meet you.»

Voilà à peu de choses près ce qu’on peut entendre en boucle au cours de la «rush week», la semaine de recrutement des fraternités. Vous savez, ces organisations étudiantes typiquement nord-américaines, aux doux noms en lettres grecques.

Le row, la rue des fraternités et sororités, n’est jamais aussi animé qu’à cette période du semestre où il faut plaire à tous et convaincre que sa frat est la meilleure. L’objectif : avoir ensuite un maximum de choix pour sélectionner ses futurs membres.

«Les ‘frat brothers’, généralement aisés, qui m’ont recruté, n’ont pas hésité à m’emmener jouer au golf, à me payer de l’alcool à volonté ou à me présenter à des personnes influentes», témoigne un étudiant du Midwest sur LeFigaro.fr.

De même, j’ai ainsi profité au cours de cette semaine d’une promenade en Yacht avec buffet dînatoire et cigares dans le port de plaisance de Marina del Rey. Lors de ces soirées, chaque «brother» vient vous parler, afin de vous jauger et de retenir votre nom.

Fresh meat

Le lendemain, c’était le «dîner de premier ordre», sur invitation (donc après une première sélection), dans une demeure somptueuse, sur les hauteurs bucoliques du Nord de Los Angeles. Il était pris en charge par «le club des parents de Phi Delta Theta», dont un couple propriétaire de Casinos à Las Vegas qui mettait à disposition une partie de sa maison et son parc.

Car l’ascendance a son importance, et on entre dans une fraternité pour la vie.

«Pour n’importe quel européen, les frats ressembleraient plus à une secte qu’au club de foot de la MJC», peut-on lire sur Capcampus.

Le prix : 2000$ par semestre, tous repas compris (car oui, on boit, on dort, on pense —ça dépend des individus— et on mange Greek). À la clé, un hébergement in-house après l’année de pledging (engagement), et des soirées festives qui promettent alcool et fresh meat (comprendre «individus de la gent féminine»).

De grands philanthropes

Mais attention, les brothers sont aussi de grand philanthropes —le mot revient souvent. Il leur est notamment demandé de s’engager en faveur d’associations caritatives et d’organiser des levées de fonds. En réalité, il semble qu’ils s’achètent surtout une bonne conscience en demandant à Papa-Maman quelques dollars supplémentaires, comme en témoignent ces instructions pour calculer le «taux de philanthropie» de sa fraternité, trouvées sur le blog de PhiDelt’ :

«La philanthropie doit être mesurée en dollars par membre. Payer 10 dollars pour un dîner-spaghetti pour une cause X ne revient pas au même que lever 100 dollars pour une cause X, mais ces deux actions peuvent être considérées comme ‘participation à une activité philanthropique’.»

Crédits photo : Une maison de la fraternité Phi Delta Theta (DR)

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