Élections de mi-mandat : Schwarzenegger won’t be back

Ce 2 novembre se déroulaient les élections de mi-mandat. Enjeux et résultats en Californie, atmosphère dans les bureaux de vote : debrief en détail de ce grand rendez-vous démocratique du premier mardi de novembre.

Les américains y renouvelaient d’abord la totalité des 435 sièges de leurs représentants à la Chambre : c’est la raison d’être de ces élections. Un tiers des sénateurs ont également vu leur mandat remis en jeu. C’était le cas par exemple de Barbara Boxer, sénateur de Californie depuis 1992, qui a remporté sa propre succession contre la républicaine Carly Fiorina, conseillère de Schwarzennegger et de John McCain pendant sa campagne. Cara Carleton Sneed Fiorina, de son vrai nom, avait pourtant dégoté le surnom qui s’adaptait le mieux à son patronyme dans cette situation (« Carly Fiorina for California »).

Les Républicains ont cependant pris le contrôle de la chambre des représentants, et ils ont considérablement renforcé leur présence au Sénat, même si les démocrates y restent, de très peu, majoritaires.

En plus de ces enjeux fédéraux, 36 états sur les 50 votaient pour leur gouverneur à cette occasion (les autres ont des élections spécifiques). Arnold Schwarzenegger, gouverneur républicain sortant, laisse sa place au démocrate Jerry Brown, qui a écrasé Meg Whitman (malgré son physique qui pouvait évoquer celui de Scharzenegger), à 52% contre 43% (voir les derniers résultats en survolant la carte interactive ci-dessous).

Jerry Brown ne débarque pas en terre inconnue : il a déjà occupé durant deux mandats consécutifs le poste de gouverneur de Californie, entre 1975 et 1983, au cours desquels il a renoncé à de nombreux privilèges liés à son poste (résidence des gouverneurs, limousine de fonction). Il avait également montré un intérêt particulier pour les questions environnementales, et s’était toujours fermement opposé à la peine de mort, mettant son véto à toutes les exécutions.

Carte présentant les résultats en direct des gouvernatoriales :

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Parmi les enjeux locaux, des « propositions » ont été soumises au vote des Californiens. Celle qui avait fait le plus parler d’elle ces derniers mois, sur la côte ouest comme dans le monde, est la Prop 19, qui concernait la légalisation du cannabis. Cette proposition a d’abord été très populaire, mais la tendance s’est inversée dans les sondages au cours des 2 derniers mois, et elle a finalement été rejetée par 55% des électeurs. En rendant la commercialisation du cannabis totalement légale (elle l’est d’ores est déjà pour usage médical, et autant vous dire que nombreux sont les « malades » à faire valoir leur carte de prescription), l’idée était de rendre transparente une économie initialement souterraine, et de faire des économies sur le budget de la police dédié à la lutte anti-drogue. Mais la majorité des électeurs a visiblement été convaincue par l’opposition, qui a notamment rappelé les dangers causés par la consommation de cannabis, notamment en termes d’accidents de voitures, images très percutantes dans une société où la voiture occupe une place prépondérante. Le passage de cette proposition aurait également posé un problème d’ordre juridique, dans la mesure où la loi fédérale continue d’interdire le cannabis. Tout le monde avait néanmoins conscience que le FBI aurait eu autre chose à faire que de venir remplacer la police californienne.

La Prop 23 s’est également vue refusée. Elle avait fait couler beaucoup d’encre car elle envisageait de suspendre temporairement une loi limitant les rejets de CO2, afin d’ouvrir de nouveaux emplois. Mais la fibre écolo des Californiens a pris le pas sur la gravité de la crise et le taux de chômage actuel de 12,4%.

Le taux de participation n’a pas encore été publié à cette heure, mais il faut s’attendre à un taux d’abstention élevé, habituel aux États-Unis. Beaucoup d’américains ne s’intéressent à la politique que de loin : mon colocataire, qui a voté pour Obama avec beaucoup d’enthousiasme en 2008, n’a pas voté aujourd’hui… tout simplement parce qu’il avait oublié de s’inscrire dans le bureau de vote local de l’université. Et pourtant, ce ne sont pas les aménagements qui manquent : outre le vote par procuration, il aurait également pu voter quelques jours plus tôt, dans son bureau de vote. Le early voting permet en effet de voter entre 4 et 50 jours avant le scrutin (en fonction des états), afin de permettre à ceux qui ne pourraient pas se rendre à leur bureau de vote de faire valoir leur voix (généralement ouvert de 7h à 20h). Même Facebook était là pour rappeler chacun à son devoir (voir la capture d’écran de ma page d’accueil).

Néanmoins, il faut admettre que la procédure n’est pas aussi accessible qu’il y paraît. La queue dans certains bureaux de vote est parfois interminable : une de mes voisines a du y patienter 1h15 aujourd’hui. Mais là encore, les conditions divergent d’un endroit à l’autre : le bureau de vote le plus proche de chez moi, où je me suis rendu cet après-midi (sans y voter, évidemment), était quasi-désert. Sur les photos présentées ci-dessous, on constate également que l’isoloir n’est pas systématique aux États-Unis. Contrairement à la France, au Royaume-Uni, à l’Allemagne ou encore à la Belgique, il n’est pas rendu obligatoire par la loi.

De même, trouver un portrait du Président légendé « I am the dream » dans une salle de vote peut paraître surprenant.

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Crédits : Carte interactive – CNN, Photos – Bouleis, 2010.

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